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Migration : Les Français sont en tête de liste de travailleurs étrangers en 2017 (Rapport)

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eConsulat – En constante croissance. Le nombre de travailleurs migrants au Maroc au titre de l’année 2017 a atteint 26.283, contre 24.684 en 2016 et 23.055 en 2015. Ce sont les données de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), rapportées par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans le cadre d’un rapport dressé par ce dernier et intitulé “Migration et emploi”. Présenté ce vendredi au siège du conseil, ce rapport fait l’état de la situation à commencer par ses origines, en passant par les différentes raisons de son évolution et arrivant aux recommandations que le Maroc est appelé à prendre en compte.    

Le CESE précise, citant la même source de données, que la majorité des travailleurs migrants au Maroc, soit 69,6%, est composée d’hommes, alors que les femmes ne représentent que 31,4%. Quant aux nationalités les plus représentées, le rapport montre que les Français sont en tête de liste avec un total de 5.346, suivis des Sénégalais avec 4.958, et les Espagnols avec 2.722. Sur cette liste figurent aussi les Tunisiens qui représentent 964 des travailleurs migrants au Maroc, les Philippins (905) et les Ivoiriens (899). Les Algériens, pour leur part, représentent 770 des migrants exerçant un emploi au Maroc. Les Américains (USA), eux, sont au nombre de 667, les Turques de 664, et les Chinois sont en bas de cette liste, avec 626 travailleurs de cette catégorie.

Secteur d’activité Nombre de travailleurs migrants
Agriculture, sylviculture et pêche 354
Industrie manufacturière 2689
Construction 2410
Commerce 3779
Transports et entreposage 721

Hébergement et restauration 1696
Information et communication 1229
Services 9578
Activités financières et d’assurance 454
Autres 3373

Pour ce qui est des salaires mensuels, ils sont 10.138 travailleurs migrants à gagner plus de 10.000 dirhams par mois, 3.621 touchent entre 6.000 et 10.000 DH/mois et 3.193 ont entre 3.000 et 4.000 DH/mois. Le rapport précise que seuls 843 gagnent un salaire mensuel inférieur à 1.813DH/ mois. 

Aussi détaillés soient-ils, ces chiffres ne révèlent cependant pas l’état des lieux dans sa réalité. Le CESE souligne, dans son rapport, que le manque de données approfondies relatives aux travailleurs migrants (secteurs d’activités, secteur informel, productivité et valeur ajoutée, effet de substitution par rapport aux émigrés …) au Maroc “peine à mesurer l’impact réel de la migration sur le marché du travail marocain”. Et d’estimer qu’il y a donc “besoin d’approfondir les connaissances et développer les études statistiques en la matière”.

Migration, à quel prix?

Pour le conseil de Nizar Baraka, toutefois, “la pression n’est pas négligeable” sur le marché du travail marocain même si la population des migrants, d’un total de 101.200, ne représente que 0,3% de celle marocaine. Le CESE se base sur ses estimations indiquant que le nombre de dépôts des demandes de régularisation a atteint plus de 56.000, dont plus de 43.000 ont été acceptées à ce jour, indique-t-il. Quant aux migrants non réguliers, ils seraient d’environ 20.000 personnes résidant de manière illégale sur le territoire marocain, ajoute le conseil.

À l’évidence, “le Maroc aura besoin de considérer dans son équation de gestion des flux migratoires la transition démographique qui enregistre une avancée importante”, recommande le CESE. Attirant l’attention sur “les futures migrations qui seront davantage intra-africaine”, le Maroc devrait, pour le conseil, “se préparer au changement démographique qu’il va connaitre, car sa population atteindrait, selon le HCP, 43,6 millions en 2050 au lieu de 33,8 il y a environ quatre ans”.

Un changement qui sera impacté nécessairement par l’adhésion attendue du Maroc à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le CESE rappelle que celle-ci dispose d’“un protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement” qui “ouvrira le chemin à une population importante habitant une région connaissant une croissance démographique rapide”. Ce qui, pour le conseil, représente des avantages économiques mais impose aussi comme condition la création “d’un marché de travail régional et d’une main d’œuvre qualifiée”.  

Le Maroc est appelé à faire des efforts pour faire de la migration un vecteur de la dynamique économique escomptée. Entre autres recommandations dans son rapport, le CESE préconise le recours à la migration circulaire de travail (à l’exemple de la coopération entre le Maroc et l’Espagne dans le secteur agricole). Il conseille ainsi de simplifier les procédures administratives de recrutement des travailleurs migrants pour faciliter leur insertion et répondre aux besoins des acteurs économiques.

En contrepartie, il est nécessaire, aux yeux du conseil, de renforcer le processus d’accès aux droits sociaux, notamment dans le secteur de la santé, l’éducation et la formation, au même titre que pour les nationaux. ”Il convient dans le secteur de la santé d’accorder une attention particulière à la santé préventive, aux besoins de santé des femmes, des enfants mineurs et des migrants à besoin spécifique”, recommande-t-il.

Il faudra aussi que le Maroc puisse disposer d’un cadre légal pour y arriver. Le Conseil estime nécessaire que le royaume mette à niveau les lois nationales en les alignant ou en les convergeant avec les normes internationales. “Ce qui appelle en premier à ratifier la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et parachever le processus de ratification de certaines conventions internationales”. Objectif ultime: “garantir le respect, au même titre que les marocains, des dispositifs de la législation de travail au profit des migrants”. 

Moâd ROCHDI

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