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L’ouverture culturelle pour une meilleure connaissance de l’Islam de France

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E-CONSULAT – Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a reçu, jeudi 19 juillet 2018 au siège du conseil à Rabat, une délégation de responsables politiques et religieux de la ville de Saint-Etienne (60 km de Lyon), conduite par le Maire de la ville, M. Gael Perdriau et à l’initiative du recteur de la Grande Mosquée Mohammed VI, M. Larbi Marchiche.

Lors de cette visite, M. Abdellah Boussouf, Secrétaire général du CCME, a exposé aux membres de la délégation les missions et prérogatives du conseil, notamment celle d’élaborer des avis sur les politiques publiques concernant l’immigration. Un phénomène dont le Maroc assure désormais les trois fonctions, à savoir l’émission, l’accueil et le transit.

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Les entretiens ont principalement été axés sur la gestion de l’Islam de France puisque la marie de Saint-Etienne porte un projet de construction d’un centre culturel musulman. A ce sujet, M. Boussouf a expliqué que « les éléments de litige sont plutôt d’ordre culturel que religieux et que la création d’un centre culturel qui peut constituer un espace de partage entre les différentes composantes de la société française peut en effet contribuer à désacraliser quelques pratiques culturelles liées à l’Islam ».

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M. Boussouf n’a pas manqué de préciser que les obstacles que rencontrent l’Islam de France trouvent leurs causes dans la politique française et que la religion musulmane est tout à fait compatible avec les valeurs de la république, notamment la laïcité, « qui n’est pas une négation de tout ce qui d’ordre religieux mais un espace permettant à toutes les religions d’exister dans l’apaisement ».

Le Secrétaire général du CCME a, en ce sens, invité les Marocains de France, « qui sont surtout des citoyens français à part entière, à adhérer aux projets de leur société d’accueil et d’en défendre les intérêts tout en étant les vecteurs de la promotion de leur culture d’origine, connue pour sa diversité et son acceptation de l’autre ». Les relations culturelles et économiques entre les deux pays peuvent être intensifiées et fructifiées grâce à cette double-appartenance, vers un équilibre gagnant-gagnant, a-t-il poursuivi.

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Ces relations d’ailleurs « historiques et hors du commun » expliquent la volonté du Maroc d’accompagner et d’aider un partenaire comme la France, « comme cela s’est toujours inscrit dans l’histoire et la tradition du Royaume, loin de toute ingérence », a expliqué M. Boussouf affirmant que « le vrai défi est de stabiliser l’Islam de France et de l’éloigner des ingérences politiques qu’elles soient françaises ou étrangères ».

Le Royaume a pu construire, grâce à son expérience, un modèle qui a prouvé son efficacité à travers l’histoire dans la gestion de la diversité religieuse et qui est tout à fait transposable à d’autres sociétés à condition de l’adapter à leurs spécificités. Il s’agit d’un modèle basé sur trois éléments essentiels, à savoir le rite malékite, le dogme ash’arite et le soufisme sunnite et dont la philosophie facilite sa transposabilité grâce à la rationalité, incarnée par Averroès, à la connaissance et l’esprit critique d’Ibn Khaldoun et à la spiritualité inspirée par l’œuvre d’Ibn Arabi.

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Le Maire de Saint-Etienne, M. Gael Perdriau, s’est pour sa part réjoui d’abriter dans sa ville la Mosquée Mohammed VI « qui fait l’objet d’une grande admiration de la part de la population et constitue une œuvre architecturale et une référence pour mieux comprendre l’Islam et les rites musulmans ». Une religion d’ailleurs présente depuis des décénnies grâce à l’immigration dans une ville que la communauté marocaine a contribué à construire, a-t-il affirmé.

« Porter le projet de construire un centre culturel musulman explique que l’Islam n’est pas seulement l’affaire des Musulmans mais celle de toute la société qui en a besoin pour mieux identifier la religion dans le paysage urbain et la distinguer du volet culturel », a expliqué M. Perdriau précisant qu’ « au sein de la communauté, l’on sent une soif de mieux comprendre la culture marocaine de la part même des 3e et 4e générations de Marocains qui ne la connaissent pas forcément ».

« Se prémunir de la connaissance de l’Islam et la culture musulmane apportera beaucoup à la France face à l’ignorance et aux risques de radicalisation et au détournement de la parole sacrée », a-t-il poursuivi affirmant que le Maroc a certainement un temps d’avance sur la pratique de l’islam qui se fait de manière apaisée et dans un esprit d’ouverture.

« Nous avons, ensemble, la responsabilité partagée de cette jeunesse en mal de s’identifier et de se placer au sein de la société française », a conclu M. Gael Perdriau.

Les membres de cette délégation poursuivent leur visite au Maroc jusqu’au 23 juillet 2018 dans plusieurs institutions nationales où ils mènent des entretiens avec des responsables marocains dont le ministre des habous et des affaires islamiques, M. Ahmed Taoufiq.

Moâd ROCHDI

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