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Coronavirus : l’armée déployée dans la ville de Casablanca

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eConsulat – Le gouvernement prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 20 avril et menace tout contrevenant d’amende et de peines allant d’un à trois mois de prison.

A Rabat, le 22 mars 2020.

Ces blindés visent à dissuader la population de sortir de chez elle et ainsi faire respecter la mesure de confinement prise par le gouvernement afin de limiter la propagation du COVID-19. Ils ont permis par exemple de renvoyer dans leurs maisons les marcheurs improvisés, qui ont investi les rues de Tanger et de Fès afin d’ »implorer Dieu » de faire éloigner l’épidémie.

« Comportement exemplaire »

Devant une pharmacie du centre-ville, les clients font la queue à l’extérieur, le visage masqué, gardant un mètre de distance entre eux. « A part, quelques exceptions qui sèment le trouble, les Marocains font preuve d’un comportement exemplaire et respectent à la lettre les consignes de sécurité. Je crois qu’ils ont vraiment peur : ils ont compris que si ça va loin, on risque très gros », reconnaît une pharmacienne. Le pays compte deux centres de dépistage, à Rabat et Casablanca, et 1 640 lits en service de réanimation dans les secteurs public et privé pour ses 35 millions d’habitants. « Nous nous préparons depuis le mois de janvier et l’épidémie est encore sous contrôle au Maroc. Mais nos capacités sont limitées, prévient le docteur Kamal Marhoum Al-Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca. Notre système est mis à rude épreuve. Il nous faut donc retarder au maximum le risque de pic de grande amplitude qui, cette fois, serait très difficile à gérer. »

Trafic d’attestations

Les moqaddem, agents d’autorité des quartiers, sont chargés de distribuer et de signer les autorisations de circulation. Une disposition qui a créé la confusion ce week-end. « Au fil des heures, on a vu des gens recommencer à sortir parce qu’ils ont demandé une autorisation ou parce qu’ils l’ont falsifiée. A quoi sert l’interdiction de sortie si tout le monde réussit à avoir une dérogation ou la trafique ? », s’interroge Ibtissame, une consultante trentenaire. Deux personnes soupçonnées d’avoir copié et vendu ces autorisations exceptionnelles ont d’ores et déjà été arrêtées. Le ministre de l’intérieur a annoncé, lundi, que les attestations de déplacement dérogatoires seraient bientôt disponibles en version électronique.

A Rabat le 22 mars 2020.
« On travaille jour et nuit pour faire comprendre aux gens que tout cela est fait pour leur sécurité. On fait de la prévention, on leur explique que rester chez soi, c’est aujourd’hui un acte patriotique. Mais il nous faut parfois lutter contre les mentalités et ça, c’est rude. Si les gens continuent à adopter des comportements irresponsables, on risque de finir comme l’Italie », explique, désabusé, un agent d’autorité qui souhaite rester anonyme.
 
A Casablanca, où le temps paraissait suspendu depuis l’annonce du confinement, les rues désertées de la tentaculaire capitale économique ont petit à petit repris vie. Lundi matin, des véhicules munis d’une autorisation sillonnaient de nouveau les grandes artères de la ville. Mais le renforcement des contrôles policiers et des sanctions va peut-être décourager les contrevenants. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont également fait état de contrôles musclés de passants. En réaction à ces images, le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, a estimé lundi qu’il était « normal qu’après plusieurs rappels à l’ordre, les forces de l’ordre s’énervent ».

Depuis dimanche, deux individus ont été arrêtés à Tanger pour « incitation collective à la désobéissance » et une vingtaine de personnes accusées de propager des fausses rumeurs ou d’appeler à la désobéissance ont également été arrêtées ces derniers jours dans plusieurs villes du Maroc, selon la sûreté nationale marocaine.

Moâd ROCHDI

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